[Communiqué] Branche des organismes de tourisme : 3 ans de paupérisation organisée par le collège patronal

Les organisations syndicales fédérales (CFDT, CFE-CGC) de la branche des organismes de tourisme sont scandalisées par les positions patronales lors des négociations sur les salaires.

Depuis plus de 3 ans, chaque négociation accroit la perte de pouvoir d’achat pour les salariés.

  • 2016 - le collège patronal propose une revalorisation en miette, entre 0,1% et 0,3% .
  • 2017 - le collège patronal a proposé ...0% et refusé de négocier au-delà.                                                                                             

2018 - la grille conventionnelle est aujourd’hui si basse que plusieurs niveaux sont en-dessous du SMIC. Le collège patronal était donc dans l'obligation de relever les premiers niveaux et de mettre une augmentation a minima pour les autres (0.4% puis 0.7%), afin de maintenir les écarts entre les catégories. L'intersyndicale demandait 1,8% d’augmentation.

Un pas en avant, deux pas en arrière, le 15 novembre 2018, non seulement le collège patronal refuse catégoriquement cette demande mais il réduit sa propre proposition (suppression de la hausse de la gratification annuelle de +15%).

Ne pouvant supporter ce manque de considération des salariés du secteur, le collège salarié quitte la table des négociations.

Le collège employeur, Offices de Tourisme de France,  Tourisme et territoires et Destination Régions, se défausse en renvoyant la négociation (ainsi que les risques de conflits) en entreprise, niant le dialogue social en branche.

Seuls 7,5% des organismes de tourisme bénéficient de la présence d’un délégué syndical et donc de négociation annuelle obligatoire sur les salaires ; c’est l’intérêt général que représente la branche qui est ainsi laissé en jachère ou nié par cette manœuvre.

Ce que demandent la CFDT et la CFE-CGC  :

  • L'augmentation générale de la valeur du point pour rattraper la perte de pouvoir d’achat(2,3% d’inflation cumulée) 

 

Salariés du particulier employeur : nouveaux minima salariaux applicables au 1er août 2018

 

L’avenant salarial n° S40 signé le 12 janvier 2018 par la FEPEM, la CGT et FO a été étendu par un arrêté paru au Journal officiel le 24 juillet 2018. Il est donc applicable pour tous les salaires minimums des Salariés du Particulier Employeur à partir du 1er août.

 

C’est-à-dire que les SPE ne peuvent pas être payés moins que les montants indiqués dans cette grille selon leur métier et le niveau associé (voir la classification à l’article 2 de la CCN IDCC 2111).

 

 

 

Niveau

Salaire horaire brut

Salaire mensuel brut

(174 heures)

Majoration pour certification de branche

Salaire horaire brut avec certifications de branche

Salaire mens. brut avec certifications de branche

I

9,98

1 736,52

3 %

10,28

1 788,72

II

10,01

1 741,74

3 %

10,31

1 793,94

III

10,21

1 776,54

3 %

10,52

1 830,48

IV

10,40

1 809,60

3 %

10,71

1 863,54

V

10,60

1 844,40

4 %

11,02

1 917,48

VI

11,12

1 934,88

4 %

11,56

2 011,44

VII

11,12

1 934,88

VIII

11,79

2 051,46

IX

12,48

2 171,52

X

13,24

2 303,76

XI

14,10

2 453,40

XII

15,02

2 613,48

 

 

L’avenant ne modifie pas l’évaluation forfaitaire des avantages en nature repas et logement. Le coût d’un repas reste donc évalué à 4,70 € et le coût du logement à 71 €.

 

La Fédération des Services CFDT a refusé de signer cette grille des minimas salariaux car, comme nous l’avons déjà expliqué, même si le premier niveau est au-dessus du SMIC, il y a un tassement entre les niveaux suivants qui fait que, par exemple, le niveau III où se situent les deux emplois de garde d’enfants, l’assistant de vie A et l’employé familial auprès d’enfants ne seraient plus qu’à 23 centimes du niveau I alors qu’il était à 35 centimes auparavant et les niveaux VI et VII sont au même niveau (surement pour ne pas bousculer les pouvoirs publics financeurs de la Prestation de Compensation du Handicap). Le fait de ne pas respecter les écarts entre les niveaux gomme les résultats d’une négociation la grille de classification à critères classants des métiers de la branche qui a généré des travaux importants, négociation qui constituait une véritable avancée pour ce secteur si singulier.

 

Les négociations nationales dans les Hôtels Cafés Restaurants ? Une grille de salaire et puis c’est tout ! répond le patronat.

Depuis 2017, le patronat impose le « sur place » sur des sujets tels que le travail du dimanche, le toilettage de la grille de classification, les chèques vacances, les saisonniers, et une multitude d’autres thèmes restés en suspens...

Il a fallu batailler dur pour arracher l’accord de revalorisation des salaires minima qui fait bénéficier aux salariés d’une augmentation moyenne de 1,4% tous niveaux confondus.

Or, la négociation salariale n’est qu’un des sujets de négociations sur plus d’une dizaine de thèmes obligatoires (handicap, égalité pro, etc.).

La CFDT exige des véritables négociations et non des négociations de façade pour les 800 000 salariés de la branche, dont la majorité sont des salariés précaires avec des conditions de travail de plus en plus pénibles.

La branche ne peut gagner en attractivité si le collège patronal continue de cultiver une déliquescence du dialogue social.

La CFDT a pris ses responsabilités en faisant des propositions constructives et réalistes, lors des commissions paritaires.

Au tour des autres partenaires sociaux de la branche d’assumer leurs responsabilités.

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